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starry-eyed astronaut • takeshi

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Sam 26 Nov - 10:44


Takeshi Akihira






carte d'identité

★ NOM & PRÉNOM : Akihira, Takeshi
★ SEXE : Manly man
★ ÂGE & DATE DE NAISSANCE : 29 ans, 17 mai
★ REGION & VILLE DE NAISSANCE : Kanto, Safrania
★ LIEU DE RESIDENCE : Loge dans un appartement assez confortable fourni par la Cité Spatiale lorsqu'il n'est pas dans son vaisseau, pour être toujours sous la main, mais il bouge beaucoup.
★ ORIENTATION SEXUELLE : TOWARDS SPACE
★ SITUATION : Euh

★ GROUPE : Académie Spatiale
★ OCCUPATION : Pilote. Ouais, un pilote dangereux. Donne occasionnellement des cours et non, t'as pas envie d'y participer.

pokemon



physique


★ taille : 190 cm
★ corpulence : Pas mal ( ͡° ͜ʖ ͡°)
★ cheveux : Noirs à l'origine, comportent désormais une mèche blanche, bien qu'il lui arrive de la teindre. Courts sur le dessus du crâne, rasés pour le reste.
★ yeux : Noirs comme les profondeurs de l'espace sisi
★ peau : Relativement mate, c'est naturel mais le soleil aide.
★ style vestimentaire : Relativement simple et confortable, c'est pas une bête de fashion mais il a le mérite de ne pas porter de trucs trop improbables... la plupart du temps.
★ particularités : Quelques cicatrices et balafres, et une prothèse étrange au bras.
★ avatar : Takashi Shirogane - Voltron

anecdotes

★ Son Dracolosse, Amanogawa - dit Amano - est son premier Pokémon et le plus puissant, mais il ne le montre quasiment jamais, c'est pourquoi peu de personnes sont au courant qu'il le possède. Bien qu'ils aient une relation assez compliquée, le dragon l'ayant vu énormément changer, ils tiennent énormément l'un à l'autre. Et quoi de mieux qu'une bestiole qui vous permet de voler ET de faire du surf à la fois, et est assez énorme pour faire office de peluche géante ?
★ On voit assez peu son Félinferno - Taiyou dit TAITAI - également, sauf lors des entraînements où ils sont toujours ensemble. C'est un vrai battant très fier et assez peu obéissant, mais qui n'oserait jamais faire vraiment mal à quelqu'un et se laisse même parfois terrasser par compassion.
★ Son Mélofée est le Pokémon qu'on voit le plus souvent. Il se nomme Mika(zuki) et est presque une mascotte adorable à l'Académie. Takeshi semblerait avoir une obsession pour ce Pokémon qui, il faut bien l'admettre, est franchement adorable.
★ Sa prothèse semble posséder des propriétés étranges. On dit qu'elle contiendrait un composant extraterrestre, mais on ne sait pas trop ce que ça pourrait causer à long terme.
★ A un pass transports illimités, parce qu'il bouge énormément de ville en ville voire de région en région. Et c'est le genre à vous envoyer cinquante cartes postales et à vous ramener sept-mille peluches locales dont vous ne savez que faire. On dit que sa chambre - et celle de ses amis - en est remplie et qu'il s'en sert pour cacher les paquets de Takeschips qui traînent par terre.
★ On ne saura jamais si c'est vrai cela dit. Principalement parce que vous ne rentrerez jamais dans sa chambre. Même pas pour jouer au Monopoly.
★ A un humour très douteux, dans quelques années on le retrouvera à faire des Dad Jokes. Il a un mal énorme avec le second degré aussi, étant quelqu'un de très direct, et ça donne des situations... spéciales, surtout lorsque des expressions un peu figurées (et qu'il ne connait pas forcément) sont impliquées.
★ Il a des cheveux blancs depuis un accident, il ne sait pas à quoi c'est dû mais son corps fait souvent de la merde. Au final, il s'est teint une mèche tout en blanc pour que ça ne se voie pas, c'est plus stylé.
★ S'est déjà perdu sur une planète avec Kiran Roads, sur laquelle ils se sont fait attaquer par un énorme groupe de Lewsor. Depuis, il a du mal à l'emmener en mission avec lui, à son grand désespoir puisqu'elle est un des membres d'équipage qu'il préfère.
★ Il est très loin d'être un pro comme UFO, mais grâce à elle il est plutôt bon et peut très bien vous défoncer de manière effrayante à un jeu de combat et réussit des jeux de rythme horribles avec une aisance étrange.




mental


(oh, mais commençons par les apparences, elles en disent long.)

Physiquement, Takeshi ne semble pas si étrange. Grand, c’est un homme aux épaules assez larges et à la musculature assez développée pour que vous n’ayez pas envie de vous frotter à lui. Monsieur fait des pompes tous les matins dès le réveil, ayant apparemment besoin de libérer un peu d’énergie – sans quoi il imploserait, telle une étoile, avant de manger ses corn flakes au petit-déjeuner. Mais il ne paraît pas si effrayant pour autant, peut-être à cause de ses grands gestes enthousiastes ou de ses sourires niais. Ses traits, tout comme son nom, suggèrent également des origines assez lointaines. Au niveau vestimentaire, Takeshi ne réinvente pas grand chose, se contentant de porter des vêtements assez sobres, légers, assez près du corps et permettant des mouvements amples ou de l’exercice… et, priorités obligent, présentant des fonctions rigolotes. Quelques gadgets dans les poches, de grosses bottes boueuses à force d’aller n’importe où, des gants… ce sont autant de détails minuscules qui le rendent un minimum reconnaissable et lui donnent un vague air d’aventurier qui n’a pas réussi à redescendre complètement sur Terre, et lui-même admettra qu’il aime mettre des choses qui lui rappellent sa combinaison spatiale adorée. A la maison, il lui arrive de s’affaler en gros sweat et en jogging sur son canapé, mais peu le voient ainsi… et si vous le voyez en costume à un meeting quelconque, attendez-vous à le voir arriver complètement débraillé, à moitié en train de dire, à moitié en train de se plaindre qu’il ressemble à un Prinplouf.

Son visage a pris une teinte assez mate sous le soleil dont il s’éloigne pourtant à chaque expédition, et sa chevelure courte, voire rasée à l’arrière de sa tête. Elle est aussi noire comme les tréfonds de l’espace… à l’exception d’une mèche blanche qui le chatouille occasionnellement. Ses traits sont plutôt carrés, ses sourcils broussailleux, son nez droit. En vérité, Takeshi ressemblerait à un homme adulte tout à fait normal si il n’était pas si… expressif. Ses yeux sombres à la forme particulière sont ponctuellement animés d’une flamme inquiétante, sa bouche en cœur s’étire parfois dans un sourire absolument mièvre… c’est quelqu’un qui rit beaucoup et fort, qui ne peut paraître sérieux plus d’une seconde, est toujours prêt à vous faire un clin d’œil, tirer la langue ou vous faire un sourire brillant de blancheur (lorsqu’il n’a pas la flemme de se brosser les dents). Ses grimaces sont aussi assez mémorables… mature ? Il n’a absolument pas l’air de l’être. En vérité, si vous ouvriez sa salle de classe, vous pourriez très bien le voir danser autour de son bureau avec quelques élèves et son Mélofée que ça ne serait pas très surprenant de sa part.

Ah, ce n’est pas ce qui vous intéresse ? Vous voulez entendre parler de ses cernes, de ce regard qui se met parfois à absorber toute lumière au point d’en paraître vide d’émotions ? Simplement la fatigue, après tout c’est un hyperactif. Ah, et la fameuse balafre qui traverse son nez ? Une histoire amusante de bagarre idiote quand il était encore un étudiant teigneux à l’Académie ! Et, même si essaie généralement de la cacher, vous pourriez remarquer la présence d’une prothèse aux capacités un peu… spéciales à la place de son bras droit. Oh, le résultat d’un simple accident qui au final l’aide bien dans sa vie quotidienne. Ne faites pas attention.

(quoi, intrigué quand même ?)

A la place, parlons de sa personnalité ! Et quelle personnalité. Akihira, vous l’aurez compris, est loin d’être mature. En vérité, il semble allergique aux responsabilités et s’amuser semble être sa priorité. Superstitieux et un poil naïf, il passe pour un simple d’esprit et on se demande souvent comment il a fait pour devenir un pilote si talentueux… d’ailleurs, durant n’importe quelle simulation, il sera typiquement le genre de personnes à hurler « OH, CETTE PLANETE EST JOLIE ! Comment ça, il pleut des diamants dessus ? Je parie que je peux tous les éviter. Oh, et je vais faire un looping avec le vaisseau, faites-moi confiance ! ». Assez indécis, il est capable de laisser tomber tout rendez-vous pour s’occuper de son Mélofée malade et lui préparer les meilleurs petits plats en tablier rose « Kiss the Cook »… pas qu’on lui accorde de lourdes responsabilités administratives à la base, cela dit. En effet, la paperasse lui donne la migraine et les conventions lui passent par-dessus la tête… il est bien capable d’utiliser des formules maladroites pour vous parler, mais craquera au bout de cinq minutes pour plutôt vous traiter comme un ami.

Le jeune homme est quelqu’un de très familier et affectueux, après tout. On ne peut pas lui retirer ça ; si vous vous sentez mal, il vous réconfortera comme il peut, et mobilisera tous ses efforts pour le faire. Que ça soit utile ou non, il le fera, il sera là. Appelez-le à minuit suite alors qu’il rentre d’un voyage, et il courra à votre secours. Même pas par altruisme, juste comme ça, pour vérifier, pour essayer de faire quelque chose. Comme si c’était un devoir, ou que ça l’aidait à ne jamais s’arrêter. Si vous êtes un minimum proche de lui, il deviendra rapidement une figure protectrice, typiquement le genre à partir débattre pendant des heures avez vous parce que vous avez osé faire pleurer son précieux protégé. Il en va de même avec les membres de son équipage ou, dans une moindre mesure, avec ses élèves occasionnels, bien entendu. Si bien que, si il ne vous agace pas instantanément en vous harcelant 24/7 ou en parlant bien trop pour vos pauvres tympans, il peut rapidement devenir un gros nounours jovial et rayonnant qu’on aime avoir à ses côtés, qui vous abreuvera de rêveries et de situations idiotes et improbables.

Takeshi… cache bien son jeu, n’est-ce pas ? En réalité, il y a bien une raison pour laquelle certaines personnes lui vouent une confiance aveugle malgré tout ce qu’il peut faire. Une raison pour laquelle l’atmosphère s’alourdit parfois brusquement lorsqu’il est autour. C’est un pilote remarquable, vous le comprendrez si vous le voyez en mission ou en danger. Quelqu’un d’infiniment plus sérieux que ce que vous auriez pu soupçonner, un leader ferme à l’esprit vif. Quelqu’un qui fait plus d’efforts que vous ne pourriez le penser, une personne qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour que jamais rien n’aille mal. Il a l’air de se laisser aller et d’être un idiot rêveur et dangereux, mais c’est tout le contraire. Pourquoi le cacher ? Peut-être à cause de quelques côtés plus obscurs de sa personnalité. Non, Takeshi ne va pas toujours merveilleusement bien. Des blessures le hantent toujours et il ne parvient à s’en défaire. Vous pensiez qu’il prenait une photo de lui devant le miroir tous les matins ? Ahah. C’est ses cicatrices qu’il regarde en premier. Disons que certains souvenirs douloureux et de nombreuses insécurités l’habitent. Il ne vous reste qu’à comprendre pourquoi.




histoire

C’était il y a bien une petite trentaine d’années. Trente ans, c’est minuscule comparé à l’éternité – comparé aux milliards d’années de l’Univers.

Un nouvel enfant arriva sur Terre. Pas de quoi faire une mise en scène poignante ; ça arrivait tout le temps. Beaucoup trop souvent, même, foutue surpopulation. « C’est un garçon ! » déclare-t-on, mais ça, on le sait déjà. On sait aussi qu’il sera en parfaite santé, et plus ou moins à quoi il ressemblera. On le déclare juste comme ça, par convention. Peut-être pour donner un air festif à un événement terriblement… prévisible et presque décevant. Le nom aussi, ils le savent déjà ; Takeshi. Ca signifierait « guerrier », ce sera un garçon fort, solide, brave. C’est drôle, quand même. On en est à un point où un nom serait la seule trace de personnalité de quelqu’un.

Quelques instants d’euphorie, et puis plus rien. Parce que ce n’était qu’un être humain de plus. Un pion supplémentaire sur Terre.

A la différence que lui n’était pas censé se trouver là. Lui, il aurait dû être né dans les étoiles.

Les années passèrent, Takeshi grandit, entre deux parents dont les visages sont presque effacés dans son esprit tant ces personnes étaient… spectrales, identiques à tout ceux qui les entourait. Bien sûr, lui-même était pareil. Une ombre, rien de plus, rien de moins. Il ne se rappelle pas avoir été heureux ou malheureux durant son enfance, parce qu’il ne se souvient pas de grand chose. Les photos, c’est un peu tout ce qu’il en reste, et elles sont toutes pareilles. Toujours les mêmes scènes plus ou moins officielles, familiales ou pseudo-heureuses mais qu’on trouve sur les albums de tout le monde.

Un vide inquiétant, c’est peut-être ce qui définissait le mieux son existence.

Il n’y avait pas vraiment de surprises dans la vie de Takeshi. Tout ce qu’on avait prévu pour lui avant sa naissance arrivait. Question de chance ou de statistiques ? Allez, mettons qu’il avait de la chance. Il était bien un poil plus costaud que ses camarades, physiquement comme psychologiquement. Très sérieux, comme un militaire. Comme un guerrier. Mais à part ces quelques détails, il était comme tout le monde. A l’école, il se fondait au milieu de dizaines d’enfants aux traits lissés et enjolivés par la génétique et à l’expression distordue par la pression. Baisser la tête, ne pas trop se faire remarquer, faire du bon travail ; voilà le quotidien de la jeunesse innocente. Sortir du lot n’est pas nécessaire lorsqu’on est voué à devenir un numéro, une part infime et remplaçable du collectif.

Du vide, encore et toujours.

Tous les matins, il prenait un tramway bondé de visages censés être familiers, mais qu’il peinait à différencier les uns des autres. Entrait dans des salles de classe uniformes, dans des vêtements uniformes, à apprendre des caractères bien alignés par cœur jusqu’à les vomir sur la copie. Et venait le soir, où il rentrait, slalomant entre les buildings dorés de Safrania, la tête baissée vers le sol noirâtre. Mais parfois, très rarement, il la relevait… alerté par le bruit d’un vol de Roucoups, ou peut-être…

Pour voir les étoiles ?

Mais de nos jours, les lumières des villes brillaient si fort que le ciel étoilé disparaissait, devenant complètement noir – vide. Pour mieux laisser luire les humains, sans doute. Alors ces étoiles qu’on pouvait apercevoir sur les photos, il ne les vit jamais réellement.

Et il commençait à le ressentir, cette sensation d’être inutile, de n’être qu’un grain de poussière dans l’infini. Un humain, c’est fragile, c’est pas grand chose, c’est insignifiant. Ca n’a même pas la puissance d’un Pokémon. Et la pression qu’on forçait sur lui, pour être toujours bon en cours, pour être toujours droit et fier, pour toujours se taire et ne pas se faire remarquer commençait à créer des fissures dans son esprit vide. Cette sensation d’être insignifiant, petit, pitoyable, infinitésimal était presque douloureuse. Les gratte-ciels safran le regardaient de haut, la foule unie lui donnait mal à la tête. Cheveux noirs, yeux noirs, costard noir, cernes noirs, mine noire, ciel noir. Du noir partout, absorbant toute lumière, qui risquait de l’absorber aussi, qu’il aurait presque fui.

Presque.

Parce que Takeshi était trop droit, sévère, froid pour ne pas s’y plier. Parce que c’était presque un devoir. Si on ne peut pas voir les étoiles, autant courber l’échine.

Ce fut vers onze ans qu’il reçut son premier Pokémon, comme tous les enfants. On voulut lui offrir quelque chose de mémorable, un Pokémon puissant qui lui garantirait de devenir un excellent dresseur en grandissant. Bien sûr, peut-être qu’il n’en ferait rien. Maîtres, Champions, Kahunas, Conseil… des noms et des termes prestigieux se multipliant dans ses cours d’Histoire, mais au nombre paradoxalement petit comparé aux milliards de dresseurs que cette Terre avait porté depuis des siècles. Au final, on balançait une créature aux jeunes en leur remplissant la tête de rêves, en leur promettant qu’un jour ils seraient les meilleurs de tous et vivraient des aventures palpitantes. Mais on s’attendait à ce qu’ils finissent comme tout le monde – à la maison avec trois Miaouss sur les genoux et avec un travail ennuyeux. Comme tout le monde.

Takeshi le savait plus ou moins lorsqu’il reçut son Minidraco. Il savait qu’il ne deviendrait pas le plus grand des dresseurs. Mais il voulait quand même devenir fort, essayer. Peut-être pour se démarquer, pour prouver jusqu’où il pourrait aller, même si la fin était la même. Peut-être dans un élan d’espoir, de se démarquer un peu, d’être différent…

… de vivre une aventure et ressentir un frisson d’adrénaline ?

Alors malgré le temps astronomique que les cours lui prenaient, malgré les efforts colossaux qu’il se contraignait à faire jusqu’à l’épuisement, il commença à prendre toujours un peu de temps pour s’occuper de son dragon.

Et puis il commença à aller aux dojos ancestraux de sa ville, un peu miteux après bien mille ans d’existence, mais toujours aussi réputés. La discipline, la force. C’était ce qui seyait le mieux à ce garçon aux yeux noirs comme les tréfonds de l’espace. Au départ, il était venu par curiosité, n’avait pas fait de prouesses incroyables. Mais ça lui avait plu, et il voulait prouver qu’il était capable de faire mieux. Jour après jour, il revenait, recevant les enseignements d’un maître sarcastique qui n’hésitait pas à rire un peu de lui. Comme si il était insignifiant. Ce n’était pas méchant ; c’était le meilleur moyen de le motiver, il l’avait vite compris.

J’existe ! J’ai une destinée ! Ma vie n’est pas insignifiante !

Au départ, il avait du mal à tenir le rythme, était bien tombé dans les pommes une fois ou deux en revenant d’une séance. On lui faisait des reproches parce qu’il n’avait pas que ça à faire de sa vie. Mais Takeshi continua. Il était solide, et sa technique très hasardeuse et brusque s’affina de séance en séance. Au final, la robustesse qu’il acquit l’aida à tenir le coup dans sa vie quotidienne, à ne pas tomber d’épuisement. Et il devint rapidement un très bon combattant.

Très droit, très discipliné, très acharné.

Takeshi ; le guerrier. L’enfant qui voulait toujours devenir plus fort, se battre jusqu’à l’épuisement complet pour se donner l’impression qu’il existait. Une puissance illusoire et des rêves pas assumés l’enivraient suffisamment pour qu’il ne sombre pas dans un vide complet. Il devint peut-être encore plus sérieux et sec. Le faire rire était une vraie épreuve, et un sourire de lui aurait pu illuminer le monde entier. Mais non, ça n’arrivait jamais. Il restait silencieux, difficile, toujours plus exigeant.

« Je sais pas ce que tu dis au profs pour ne jamais tomber en-dessous de 97, mais ça fait peur. »

Pas de réponse. Les traces des nuits blanches passées à apprendre se lisent sur son visage.

« Ton Draco est magnifique ! Je voudrais bien apprendre comment tu fais, mais je n’ai pas spécialement envie de me faire laminer en duel, ahah. »

Pas de réponse. Son Minidraco a évolué, est désormais un immense serpent cobalt s’enroulant autour de lui et abattant les adversaires un à un.

« Je sais pas quoi penser de ce mec. Son regard me terrifie et il pourrait me mettre par terre à mains nues en deux secondes… »

Il n’entend même pas ces murmures.

« Wow, Takeshi, tu as l’air radieux aujourd’hui ! »

Un merci conventionnel s’échappe de ses lèvres. Il ne comprend plus vraiment le sarcasme. Ca lui passe tellement par-dessus la tête.

Les années passèrent, encore et encore. Il avait près de dix-sept ans lorsqu’il décida de partir, un été, voyager un peu. Pour se chercher, pour voir où il en était dans sa quête de puissance et d’identité, pour voir de nouveaux horizons. On lui faisait confiance, il avait un excellent Pokémon pour le protéger, il était raisonnable et avait peut-être même besoin de prendre l’air et de devenir un peu moins coincé !

Ahah. Non, ils l’aimaient bien comme il était, absolument vide et obéissant. Mais personne n’avait la moindre raison de le retenir.

Lui-même n’imaginait même pas pouvoir désirer s’échapper, même si c’était peut-être un peu le cas, qui sait.

Il commença donc à errer à Kanto, sans réelle destination en tête. D’abord, Céladopole, rien de bien impressionnant là-bas. Peut-être que c’était encore trop proche de Safrania. Peut-être que tout était encore un peu trop grand.

Et on ne voyait toujours pas les étoiles.

Cela dit, se trouver dans un autre endroit lui donnait enfin l’impression de pouvoir respirer. Le fait de devoir se débrouiller seul, de ne pas avoir de directions, encore moins de plan en tête, c’était… soulageant, en quelque sorte. Mais il voulait en voir plus. Alors il loua un hoverboard, qu’il parvint à manier… maladroitement, et se lança sur la piste magnétique, survolant les plaines. La sensation grisante du vent sur ses cheveux, la légère peur de tomber et de se ridiculiser au milieu d’autres personnes expérimentées qui enchaînaient les figures, voir un Pokémon se poser soudainement sur la piste voire l’attaquer… c’était agréable. Oh, et il vit même la mer !

Peut-être que ces découvertes lui arrachèrent un sourire ou deux. Même à lui.

A Parmanie, il enchaîna les combats, avant de se recueillir sur les tombes de Lavanville, traversant les monts jusqu’à parvenir à Azuria et de combattre les dizaines de dresseurs gardant jalousement le cap des amoureux… où il fut rapidement rejeté avec incompréhension par des couples ne désirant pas qu’il les dérange – une expérience assez bizarre, pour le coup. Et puis vint le Mont Sélénite.

Sûrement le plus important de tout.

Son dragon sur ses pas, il avait commencé à escalader le mont, ignorant les grottes les plus faciles à parcourir et bien aménagées pour plutôt explorer celles grouillant de Nosferapti et espérer atteindre le sommet. Le challenge et la difficulté l’attiraient toujours autant, apparemment.

Terrassant tous les Pokémon sauvages sur son passage...
Repliant ses doigts endoloris sur des prises hasardeuses…
Evoluant dans l’obscurité des cavernes humides…

Il ne pensa pas à relever la tête.

Trop habitué à courber l’échine peut-être, à se baisser pour faire un salut poli au monde entier.

Mais une fois au sommet, il fut interpellé par des cris étranges lancés vers le ciel. Autour de lui, des petits Pokémon roses dansaient, levaient les bras au ciel. Un peu ridicule, un peu bizarre – des Fées, quoi.

Jusqu’à ce qu’il daigne enfin relever les yeux, plus si effrayé à l’idée d’être aveuglé.

Une pleine lune luisait comme jamais juste au-dessus de lui, son éclat d’argent illuminant des roches tombées du ciel, et le visage captivé du jeune homme. Autour d’elle, les lumières des étoiles dansaient par milliers dans le ciel noir de jais.

Des étoiles brillaient dans ses yeux noir de jais.

Qu’est-ce que c’était beau…

Il était épuisé, même lui commençait à avoir mal aux jambes après une telle escalade. Son Pokémon comme lui n’en pouvaient plus de se faire agresser par des chauves-souris, il faisait froid pour l’été, à une telle hauteur. Il aurait pu jouer les rois du monde et contempler tout Kanto de haut, il aurait pu se barrer et se donner le défi de s’attaquer au Mont Argent la prochaine fois, voire au Mont Couronné, pour faire bonne mesure, pour admirer des légendes de près. Il aurait pu revoir tout ce spectacle sur un écran HD plus que réaliste, le tout dans une 3D parfaite, mais ça n’aurait pas été pareil.

Il n’en avait pas besoin, de tout ça – parce que le ciel était tout ce qui l’occupait.

Alors il avait commencé à se renseigner un peu, après être descendu à contrecoeur pour atteindre Argenta. Avait appris encore plus que tout ce qu’il savait, s’amusait à y retourner pour placer des constellations, juste pour voir si il y arrivait. Et dans son fil d’actu apparut enfin une nouvelle – l’ouverture de l’Académie Spatiale, destinée à entraîner des pilotes pour partir vers des galaxies lointaines. Au départ, il essaya de ne pas trop s’emballer en entendant cette nouvelle. Rosetta, c’était loin, même si il était facile d’y aller, les gens y vivaient très différemment. Il était encore loin d’être bilingue à l’époque. L’école venait d’ouvrir, il ne savait pas ce que ça vaudrait. Et il avait peut-être mieux à faire, quelque chose de plus conventionnel. Mais cette nouvelle fit un grand bruit, comme tout ce que pouvait imaginer Atlas.

Et puis il était fort,
et intelligent,
et toucher les étoiles était presque un rêve pour ce garçon qui ne rêvait pas…

Et il n’avait que trop peu de temps pour y réfléchir.

Un dernier rendez-vous avec les Mélofée du Mont Sélénite, un peu avant la fin de l’été. Les créatures roses avaient commencé à s’habituer à ses allers et venues, et l’accueillaient comme un ami.

Parce qu’il était fait pour vivre dans les étoiles.

Lui était toujours un peu froid avec eux, ne s’intéressant que peux à ces fées alien, mais pas hostile. Il finit même par en capturer un qui sembla pressentir son départ définitif et chercha à le retenir.

Un jour, peut-être qu’il ramènerait la créature lunaire chez elle.

Takeshi avait déjà la ferme intention de partir à Rosetta pour tenter sa chance.  Le plus vite possible, avant qu’il ne soit trop tard – plus que quelques jours, et ils avaient déjà prolongé la date limite pour avoir de meilleurs effectifs, étaient la dernière école à pouvoir le laisser entrer… Il fallait qu’il parte à Rosetta rapidement. Si il échouait, ce n’était même pas un drame – un coup pour son honneur personnel, une année de vide de plus, mais rien de plus. Mais il devait tenter son coup. Alors il envoya un long message explicatif à sa famille, attendit la réponse avec une certaine anxiété.

Il n’arrivait presque pas à dormir.
Il voulait fuir. Vers les étoiles.
Et soudain, le bruit d’une notification.

Réponse positive. Avec la notoriété d’Atlas et la réputation de cette toute nouvelle Académie, ils ne pouvaient qu’espérer qu’il se débrouillerait ici et y ferait de bonnes études. Il réalisa à cet instant qu’il n’avait pas mentionné quel cursus l’intéressait, mais… il n’avait pas besoin de leur dire qu’il paraît pour l’espace.

Aucun sourire n’apparut sur son visage, mais ses yeux noirs comme la nuit luisaient lorsqu’il se précipita dehors pour chercher un billet en direction d’Astéria. Il ne lui fut pas très difficile d’en obtenir un depuis Argenta, une assez grande ville, et il se retrouva rapidement dans un vol en direction de cette nouvelle contrée. Vol court, mais durant lequel il se posa tout de même des questions sur ses actions. Il n’avait absolument pas l’habitude d’être si spontané, étant plutôt calme, réfléchi, discipliné… et voilà qu’il courait vers une région dont il ne parlait pas si bien la langue, dans un endroit encore plus immense que Safrania, sur un coup de tête… mais tout irait bien.

Une ou deux heures d’attente rigide. On lui demanda plusieurs fois si il allait bien, mais il répondait toujours par l’affirmative.
Et puis se dressèrent enfin les tours d’Astéria. Dès qu’il aperçut l’endroit, Takeshi fut assez… impressionné. Tout était si gigantesque ! Et les couleurs blanches à vous aveugler de pureté donnaient l’impression que les lieux étaient encore plus imposants. Des dizaines de jardins, de parcs, des rues noires remplies d’hologrammes et de lumières. Il avait l’habitude des technologies nouvelles, il avait toujours vécu dans une capitale importante après tout, mais Astéria avait quelque chose de particulier.

Un endroit aussi radieux devait émettre une lumière aveuglante à en étouffer celle des étoiles.

Il fut assez perdu en arrivant, mais le nombre de guides bilingues qu’il sut trouver fut assez… impressionnant. Qui plus est, son portable Atlas pouvait sans problème le guider. Ce fut donc sans trop de panique et d’appréhension que le jeune homme se dirigea vers la gare la plus proche – direction le train magnétique menant à la Cité Spatiale – il aurait tout le temps de visiter Astéria plus tard ! -, et enfin…

Il se présenta pour passer le concours.
Les épreuves écrites furent stressantes – se rappeler des conditions dans lesquelles elles avaient été apprises, surtout – mais il n’eut pas de problème à les passer. Quant au test physique, il fut étonné par la nature de certaines épreuves, mais il le passa avec succès également. Parce qu’il était le plus fort – guerrier – et parfaitement encadré pour ça. Dernière inquiétude, l’examen médical, dont il ne pourrait influencer les résultats avec la meilleure volonté du monde ; mais…

Tout allait bien.
Il serait volontiers accepté dans l’Académie.
Donc il verrait les étoiles… ?

Comme il le souhaitait, son apprentissage débuta peu de temps après. Bien entendu, malgré sa joie d’être ici, il n’abandonna pas ses vieilles habitudes ; exercices rigoureux à intervalles réguliers. Une alimentation équilibrée et surveillée. Etudier beaucoup et avec rigueur. Avec sa façade sérieuse, il avait du mal à se faire des amis – d’autant que si certains étaient comme lui, et que beaucoup étaient relativement vides… ils arrivaient au moins à avoir une façade de déconneurs. Mais toute notion d’amusement lui passait par-dessus la tête, si on omettait sa passion pour les étoiles.

Sa première année se passa relativement bien, et surtout, marqua la première fois où il put tester le simulateur. Piloter un vaisseau, même faux, était bien plus dur que ce qu’il pensait… mais ça l’amusait plus ou moins. Il attendait toujours de pouvoir le faire en vrai, cela dit. Ses Pokémon, de leur côté, grandissaient bien. D’ailleurs, à son entrée, un élève lui avait refilé son Matoufeu « indiscipliné » qui semblait sur la même longueur d’onde que lui ; avide de victoires, il était toujours prêt à tenter de nouveaux combats mais aussi à s’entraîner avec son nouveau dresseur, qu’il appréciait beaucoup plus. Son Mélofée, lui, devint rapidement une mascotte mignonne auprès de certains étudiants, qui amusait d’autant plus que son dresseur était atrocement sévère et s’en occupait comme si il s’agissait d’une tâche extrêmement précise et minutieuse. Toujours la dose exacte de nourriture, toujours une heure précise pour s’en occuper, toujours le brosser jusqu’à ce qu’il brille de propreté… oui, il arrachait quelques sourires quand on le voyait en compagnie de ses seuls amis.

Cet étudiant étrange, un peu coincé et autoritaire, qui s’occupait de son Mélofée comme si c’était une pierre précieuse.

La deuxième année, il rencontra une drôle de fille – Una – d’un an de moins que lui, venant de rentrer dans l’Académie. De manière générale, il ne s’intéressait pas à grand monde, mais il était difficile de ne pas remarquer la brune, terriblement sociable et ne cessant de le coller. Au final, elle n’était pas si désagréable, même si il n’arrivait pas à afficher une mine agréable avec elle.

Ca ne l’empêchait pas de le suivre, bien sûr.

Elle est passée par toutes les phases possibles, avec lui, et il avait franchement du mal à la suivre. Flirt qu’il ne comprenait absolument pas, rivalités idiotes, attitude presque maternelle lorsqu’elle s’occupait de lui apporter de quoi manger et mettait des somnifères dans ses repas pour qu’il ne néglige pas sa santé, de bonne pote lorsqu’elle essayait de le traîner contre son gré dans des soirées (souvent des soirées gaming plus que festives d’ailleurs…) juste amicale lorsqu’elle proposait de passer du temps avec lui et de discuter de tout et de rien avec de grands sourires. Ca devait bien être une des seules amies qu’il ait jamais eues.

« Souris un peu ! »

Pour quoi faire… ?


Les années passèrent encore et encore. Son Draco et son Matoufeu évoluèrent, il finit par traîner de plus en plus avec UFO et à céder à ses caprices, et surtout, devint un excellent élève et un pilote prometteur. Le nouvel élève bizarre et un poil arrogant grandit, devint un leader rigoureux mais juste et charismatique, avec une détermination et un talent qui inspiraient les plus jeunes qui travaillaient à ses côtés. Pour la première fois, il vit l’espace de près. Son premier vol… il ne pourrait pas vous le décrire. Ce n’était pas terrifiant, mais un frisson l’avait bien saisi alors qu’il faisait démarrer la machine pour aller vers la base lunaire, sous le regard acéré de son observateur.

Mais ce n’était pas assez !

Il fallait qu’il aille plus loin, toujours plus loin dans l’infinité de l’univers. Il ne voulait plus jamais redescendre.

Et pour cela, il lui fallut attendre la fin de sa sixième année à l’Académie. Ce fut ici qu’il reçut son diplôme et devint, enfin… pilote. Il pouvait partir. Avoir son propre vaisseau.

Vers l’infini et au-delà ? Ahah, pourquoi pas.

Il fut en tout cas très content de cette perspective, et commença à puiser dans ses relations pour partir avec lui ; scientifiques, ingénieurs… il fallait toujours avoir quelqu’un sous la main lorsqu’on partait, c’était la règle. Evidemment, sous des formules polies, il voulait toujours dire « Hey, je veux aller dans l’espace, j’aimerais beaucoup aller dans l’espace, est-ce que tu veux m’accompagner parce que sinon je peux pas aller dans l’espace, s’il te plait s’il te plait ? ». Pareil avec ses supérieurs, qui avaient du mal à le maintenir en place. Mais Akihira était un pilote prometteur et intelligent, et un des premiers diplômés de l’école, pourquoi ne pas le laisser un peu tirer les rênes ?

Il commença ainsi à explorer la carte, visitant des planètes incroyables et faisant des découvertes révolutionnaires. Il se rendit à des années lumières de sa maison, ne se retrouvant jamais au même endroit. C’était, comment dire… incroyable. Et il était fait pour ça, il en était convaincu. Rien ne pourrait jamais tourner mal…

C’est ce qu’on dit toujours, et puis, après deux ans, l’accident arriva.

Il était seul pour cette expédition. A l’époque, les normes étaient légèrement moins rigoureuses à ce sujet, et on faisait confiance à l’as qu’il était. Alors il était parti pour une zone particulièrement lointaine. La mission était longue et dangereuse, mais il était qualifié pour la tâche. Tapotant du bout des doigts le tableau de bord, il avançait à toute vitesse dans une zone inconnue et hostile, concentré comme jamais. Il était seul, mais il ne s’en rendait pas compte ; tout simplement parce qu’il n’avait qu’une chose en tête, sa mission. Droit mais pas fier. Sérieux et solide. Un guerrier.

Avec des étoiles dans les yeux.

Et un éclair l’avait brusquement aveuglé, apparaissant de nulle part dans son champ de vision. Qu’est-ce que… c’était ? Takeshi tourna la tête, fit pivoter son vaisseau, chercha l’origine de ce phénomène. Il n’avait jamais vu un truc pareil… c’était son imagination, peut-être ? Ou bien il venait de tomber sur quelque chose de jamais vu, et…

Le vaisseau fut saisi d’une brusque secousse.

Sans les protections qui l’entouraient, Takeshi aurait probablement été écrasé contre une paroi de l’engin. Une goutte de sueur commençait à couler sur ses tempes. Qu’est-ce que c’était… ? Ca ne pouvait pas être une perturbation connue, il l’aurait repérée et évitée sans problèmes.

L’ombre passa de nouveau devant lui, avant de s’arrêter devant son vaisseau.

Une énorme créature dont les tentacules bleus et oranges s’enroulaient entre eux. Son coeur violacé et son regard blanc brillaient d’un éclat inquiétant et il semblait fixer intensément l’humain terrifié. Qu’est-ce que… c’était ? Ca ressemblait vaguement à un humain dans sa forme. A un Pokémon peut-être. Et il avait déjà vu cette… chose quelque part.

Mais où… ?

Il n’eut pas le temps d’y réfléchir, devant faire une brusque embardée pour esquiver l’attaque de l’extraterrestre. Il l’attaquait ? Takeshi tenta de s’en défendre, utilisant les armes que possédait son vaisseau, mais la créature ne sembla rien sentir, se métamorphosant pour mieux parer ses assauts. Merde, s’en prendre à lui était inutile, il était visiblement infiniment plus résistant que lui… et puissant, si il se fiait aux dégâts qu’affichait son tableau de bord et la puissance des secousses qu’il subissait depuis le cockpit.

Il ne pouvait rien faire d’autre que fuir… mais l’alien était aussi plus rapide.

Le cœur battant, Takeshi tenta cela dit de s’échapper, en dernier recours, puisant dans toutes les ressources de son vaisseau dont les alarmes s’égosillaient déjà sous la puissance des coups du Pokémon. Il devait se dépêcher… il devait y avoir un trou de ver pas loin, non ? Il retournerait dans une zone plus sûre et—

BAM.

Une pièce avait été détruite. Bordel, bordel, bordel. Il n’avait pas le choix – il devait sortir immédiatement et tenter de réparer tout ça, sans quoi il n’aurait aucune chance de survivre. Ajustant son casque pour pouvoir respirer à l’extérieur, il se précipita à l’extérieur.

Complètement terrifié à l’idée de faire face à la créature qui le suivait, mais incapable d’en faire autrement.

Au moins il ne se sentait pas vide.

Quelques outils en main, il se dépêcha de trouver la partie endommagée. Vague soulagement. C’était réparable, et assez rapidement, même pour quelqu’un qui n’était pas… spécialiste, comme lui. Les mains tremblantes, sa vision floutée par la panique, il commença à remonter de manière bancale ce qui était brisé. Bien sûr… c’était sans compter sur l’alien qui le poursuivait sans relâche. Mais il avait presque fini… presque fini. Il rentrerait dans le vaisseau sain et sauf et n’aurait plus rien à craindre.

Un violent coup de tentacule.
Un hurlement saisit l’astronaute, qui manqua de lâcher ses outils.
Mais dans le vide, personne ne peut vous entendre, pas vrai ?

Cela dit… malgré les cicatrices que ça lui laisserait, sa combinaison était encore plus ou moins intacte. Tant que le casque n’était pas endommagé… tant qu’il pouvait se servir de ses bras endoloris pour réparer le vaisseau… A ses côtés, son Mélofée, qui était sorti avec lui, cherchait vainement à protéger son dresseur contre une créature qui pourrait le réduire en charpie.

Une attaque psy.
Quelle horreur. Il avait l’impression que sa tête allait exploser !

Mais il ne restait qu’un dernier ajustement et…
Le coup de grâce.
Cette fois, ce fut son bras qui fut touché – et pas qu’un peu, quasiment haché.

C’est génial d’avoir l’impression d’exister, hein ? Maintenant, il était à l’agonie et les étoiles semblaient se moquer de son sort.

Mais il avait terminé. La douleur le rendait fou, mais il pouvait retourner dans son vaisseau. Protégé. Et fuir, fuir très loin d’ici. Retourner vers des étoiles plus familières, vers la Terre – à la maison, n’importe où mais pas dans ce cauchemar éveillé !

Le soulagement de rentrer à l’intérieur n’effaça en rien son état de panique ni sa douleur insupportable. Il ne réfléchit même pas en se précipitant vers les commandes,  qu’il ne pouvait maîtriser que d’une main désormais. Fuir… le plus vite possible d’ici, en espérant que son vaisseau serait coopératif…

Les minutes (minutes ? Est-ce que le temps était vraiment une notion quantifiable dans ce cauchemar) qui suivirent, à chercher à atteindre un trou de ver, à rentrer, très vite, furent interminables. Les semaines qu’il venait de passer à voyager lui semblaient insoutenables et il avait l’impression de ne plus avoir vu la Terre depuis des mois. Et la solitude qu’il ressentait à ce moment ?

Atroce.

Mais il parvint à s’échapper. Protection des étoiles, chance, karma, bonnes circonstances, restes du talent de l’as qu’il n’était plus, allez savoir ce qui l’avait sauvé. Il s’était retrouvé dans une zone plus sûre, avait tenté d’utiliser approximativement son kit de secours pour ne pas mourir de la perte de sang. Dieu merci, il avait encore des vivres, même après les semaines passées loin de la Terre… Mais cette période de survie – heures ? Jours ? Semaines ? Il n’avait aucune idée de ce que ça pouvait représenter depuis la Terre – fut rude, et il fut plus que ravi de retrouver sa planète natale. La seule chose qui le sauvait, c’était la présence de ses Pokémon. Il se raccrochait à eux comme à une bouée de sauvetage, et ils tentaient de le rassurer, de l’aider comme ils le pouvaient. Il ne les remercierait jamais assez pour ça. Et lui qui ne les voyait que comme de foutus compagnons d’entraînement. Ahah, il avait été si stupide.

On le prit rapidement en charge, demandant ce qui lui était arrivé. Il n’arrivait pas à répondre. Ne serait-ce que s’en rappeler était trop dur. Tout ce qu’il voulait, c’était s’enrouler dans une couverture chaude, être soigné et… juste survivre. Un être humain peut-être si fragile face à la mort et ses propres démons. Tout ce qui lui évoquait l’événement était les fragments de météorite qu’avait ramenés son Mélofée.

« Où tu as trouvé ça, toi… »

On avait tenté de le soigner – ça ne devrait pas être si difficile, les médecins se plaignaient même de l’habitude des gens de se mutiler pour obtenir un membre plus puissant si il se rappelle bien de leurs murmures dans les couloirs de l’hôpital. Il avait failli y passer, et ils avaient bien connu quelques problèmes, mais ça devrait être faisable… cela dit, quelque chose les surprenait. Des fragments alien – dans sa peau, dans la météorite ramassée par la fée, qui semblaient rester logés là. Ca risquait de poser des problèmes au niveau de la greffe, mais en plus de cela, ça leur donna une idée. Un test, si vous voulez. Une prothèse qui disposerait des pouvoirs fournis par ces fragments de météorite aux propriétés étranges. Il n’a jamais compris pourquoi ils voudraient faire ça – ils ne le lui ont jamais vraiment dit, en fait. Officiellement, c’était pour éviter tout déséquilibre par rapport à toutes les saloperies qu’il avait déjà dans le corps, mais il ne peut pas garantir qu’il n’ait pas été un simple cobaye pour un test quelconque.

Dans tous les cas, il se retrouva avec un bras fonctionnel. Quant à ses autres cicatrices, elles se refermèrent assez vites. On peut encore en voir quelques unes aujourd’hui, mais ça ne le dérange pas plus que ça tant qu’elles ne se rouvrent pas. En tout cas, il avait de la chance d’être si solide, parce qu’un autre aurait clamsé bien plus vite.

Mentalement, c’était une autre histoire, bien sûr.

La prothèse et ses pouvoirs étranges le préoccupaient toujours et ne lui rappelaient pas de bons souvenirs. Les souvenirs, justement, étaient flous… et trop douloureux pour qu’il veuille vraiment s’en souvenir sans ressentir la même panique. Tout était beaucoup trop vrai pour lui, trop difficile à se remémorer. Sa personnalité évolua également beaucoup. Allez savoir pourquoi, lui-même n’en est pas sûr. Peut-être parce qu’être si proche de la mort lui a fait réaliser que sa façade triste et stricte ne lui apportait aucun bonheur et lui donnait, au final, l’impression d’être encore plus insignifiant. Peut-être parce qu’il avait commencé à ressentir les choses tellement fort qu’il ne pouvait pas s’empêcher de les exprimer, qui sait. Peut-être que c’était aussi une façade ! Il était resté terriblement vide et désespéré pendant une certaine période, en proie à ses souvenirs et ses incompréhensions, alors… peut-être qu’il avait juste besoin de se forger une carapace de bonheur insouciant. Je pense qu’UFO a eu un grand rôle à jouer dans tout ça, son équipe aussi. Une bande de joyeux personnages qui l’ont soutenu et ont peut-être influencé sa toute nouvelle attitude. Naturellement, on fut vite au courant de sa mésaventure et il eut bien à faire un rapport à ses supérieurs. On lui posa beaucoup de questions, sur le Pokémon – Deoxys. C’était Deoxys, il avait fait des recherches dessus – sur son état pour les inquiets, sur son expérience, sur les lieux qu’il avait visités, sur la façon dont il s’en était sorti. Il évadait un peu la question, racontait brièvement tout ça en ajoutant des « je ne m’en souviens plus trop, c’était trop intense ! » lorsqu’il avait un trou de mémoire ou trop de mal à évoquer ses souvenirs.

« Tout va bien ! »

Oui, tout allait bien. Il n’arriverait sans doute plus jamais à agir comme l’excellent pilote qu’il avait été, bien que certains se souviennent de son attitude passée, il n’aurait plus tant de facilités à commander les autres en ayant si désespérément besoin de leur présence pour ne plus être seul dans ce cauchemar sans fin, mais… quelle importance ? C’était des détails tellement… insignifiants.

C’est ainsi qu’il devint le professeur et pilote étrange et beaucoup trop niais de l’Académie. Celui qui choie son Mélofée comme si il lui avait sauvé la vie. Celui qui aime tout le monde comme si il n’avait jamais eu personne pour l’aider. Celui qui a l’air d’un guerrier de film mais est doux comme un agneau au fond. Celui qui pilote comme un as mais fait volontairement n’importe quoi pour s’amuser un peu, qui porte son sourire de tête à claques en permanence comme si rien n’avait d’importance. Celui sur lequel on crie en permanence et qu’on voudrait voir changer, mais qui supporte sans broncher comme si il culpabilisait de quelque chose. Celui qui a un bras mutant et en rit amèrement, qui s’enferme parfois chez lui dans son plus gros sweat et admire la pluie comme un idiot alors qu’il a déjà vu les plus belles merveilles de l’univers. Celui qui est amoureux de la Terre…

… Mais aussi des étoiles. Parce que malgré ce qu’il a pu vivre, malgré les dangers auxquels il pourrait faire face, il refuse de croire que l’univers n’est pas une chose magnifique. Et… il désire toujours ardemment retrouver cet endroit mystérieux et cauchemardesque, pouvoir voir ce légendaire qui a manqué de le tuer pour tenter de comprendre mieux ce qu’il cachait, parce qu’il n’arrive pas à l’oublier, ni à se souvenir de tout.

Celui qui trouve de la beauté partout, même dans le vide.





ton nouveau dieu

★ pseudo : Neybuleuse
★ age : De la Voie Lactée
★ tu nous a trouvé où ? : En Enfer
★ et tu penses quoi de nous ? : Je m'aime, j'aime Moon, Kiran peut aller se faire voir
★ le mot de la fin :Why did I create him





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Sam 3 Déc - 16:31
☄️ validation  

Félicitation, tu es vali--- Ah, ouais, nan, c'est juste toi  beau gosse

Tu sais déjà ce que je pense de Takeshi et on peut d'ailleurs y résumer comme ça:
 good shit  good shit  good shit  good shit  good shit  good shit  good shit

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Que les étoiles te guident à travers Rosetta ♥️




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