shooting stars


U look better when I'm drunk [feat. 42]

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Mer 28 Déc - 16:46


u look better when I'm drunk

Il faisait nuit. C'était un fait indéniable, mais c'était ma seule certitude. Le reste se mélangeait en une drôle de tambouille liquide qui devait très certainement me sortir par les oreilles. Il faisait horriblement chaud pour un mois de décembre (je crois que nous étions en décembre) et le sol tanguait un peu trop à mon goût. Mes sourcils se froncèrent alors que je me demandais comment est-ce que je m'étais retrouvé sur un bateau. J'étais pourtant sûr d'avoir passé la soirée à Neapolis ! Ma main se posa contre le fer d'un lampadaire tandis que j'essayais de reprendre mes esprits et tentais de remettre de l'ordre dans ma tête.

J'avais passé une journée terrible. Mes boss m'avaient encore jeté dans le couloir en rouspétant que je n'avais pas assez d'expérience pour m'occuper de grandes enquêtes. Enragé, je m'étais saisi d'un bloc de post-it et m'étais empressé de les coller aux vitres intérieures de l'aquarium qu'était le bureau des vieux croûtons. J'avais admiré mon œuvre avant de retourner sur mon ordinateur pour terminer mon article. Plus tard, des cris m'ont indiqué qu'ils venaient de rentrer de leur pause caféine et admiraient le magnifique pénis jaune sur leur fenêtre. Je ne vais pas le cacher, j'avais été très fier de moi. Eux, beaucoup moins...  
C'est ainsi qu'après trois paquets de clope, je me suis rendu compte qu'il me fallait autre chose que de la nicotine pour me calmer les nerfs de mon récent, non sans être temporaire, renvoi. J'ai laissé mes clics et mes clacs dans ma piaule et me suis expatrié à Neapolis. La meilleure ville pour prendre des cuites : liquides et solides. Sur l'instant, je n'avais rêvé que d'alcool mais plus tard, pourquoi ne pas espérer fleureter avec une ou deux demoiselles ? Cependant, mis à part les mojitos et les shots de whiskey, rien d'autre n'a réchauffé mon petit cœur meurtri...  

Bon maintenant ? Qu'est ce que je devais faire ? Rentrer, oui, rentrer semblait être une bonne idée. Mais le réverbère était si froid ! C'était bon... alors que je brûlais sous mon blouson ! Je le retira à moitié, m'entortilla dedans, réussi à sortir un bras, laissant le reste pendouiller sur le sol. Soudain, je releva la tête. Depuis quand y'a t-il des lampadaires sur les bateaux ? Bonne question mais j'éclata de rire. Qu'est-ce qu'on en avait à foutre ?! Je me pencha en arrière et failli tomber sur le dos. Roooh... non, il ne fallait pas tomber ! Le sol semblait mouvant et étrangement proche... La réalité me frappa comme un poing au milieu de la figure. Si ça bougeait, ça voulait dire que c'était vivant ! Ni une ni deux, je sauta sur un muret et m'écrasa dessus avec la légèreté d'un papillusion... ou peut-être d'un donfan. Le choc me laissa nauséeux quelques secondes avant que je ne ravale mon vomi et que je me redresse.  De mon perchoir, je fixais le trottoir, les sourcils froncés. Méchant sol couché ! On ne mange pas les P.P, pas vraiment m'sieur le réverbère ?

Ayant eu l'approbation du lampadaire, je me décida à bouger. Jouant à l'équilibriste, je marchais sur le muret. Direction la maison ! Dodelinant de la tête et battant des bras pour garder l'équilibre, je me dirigea vers l'arrêt de bus. Enfin, j'espérai que c'était bien le bon chemin. Ce n'était pas facile de se retrouver la nuit... Ils ne pourraient pas mettre des panneaux lumineux ? En contre-bas, des gens passaient de temps à autres, trop occupés par leur propre taux d'alcoolémie pour me remarquer malgré mes grands gestes et mes rires. Le méchant sol semblait s'éloigner de plus en plus et je lui tira la langue.

Il faisait frais lorsque j'avais quitté l'appartement. Un peu de vent souffla dans mes cheveux, les ébouriffant davantage. Je ne les avais pas brossé ce matin et je n'allais pas les brosser en arrivant. Je me sentais mieux. Ici, dans les bars de Neapolis, je n'avais pas à m'en faire. Mes patrons ne pouvaient pas me casser les oreilles, je pouvais me saouler de liqueurs, de musique et de femmes si je le souhaitais. Dans une rue voisine, le portable de quelqu'un sonna. Je reconnu sans mal le dernier single de Strawberry-chan : Sweet cascada. Je n'appréciais pas particulièrement la gamine, ayant assisté à sa montée vertigineuse dans la culture populaire de ses dernières années lorsqu'elle était coordinatrice mais ses musiques étaient entrainantes. Je me mis à siffloter la mélodie. Lighting up my heart with your sweet cascada. Sweet sweet sweet cascada. Lollipop, candy and chocolate ! Give them all ! Sweet sweet sweet cascada ! Je tenta un pas de danse totalement maitrisé mais mes pieds me trahir ! Complot !

Mon pied droit (à moins que ce soit mon gauche) se prit dans mon autre cheville et je chuta du muret. Saleté de pieds ! Pourquoi faut-il que je sois entouré de mécréants ? Mon propre corps serait donc le bourreau qui mettra fin à ma triste vie ? Finirai-je donc sur le trottoir d'une rue inconnue, le cerveau éparpillé sur une bouche d'égout ? Peut-être mais un autre jour ! Car j'atterris sur un matelas douillet et tout à fait confortable.
J'hurla de rire et tendis mes majeurs vers le muret. Fuck you wall ! Fuck you feet ! I'm alive and I wiiiiiiiiiiiiiill survive !

C'est alors que le matelas sur lequel j'étais particulièrement bien installé, se mit à grogner. Je lui donna un coup avec ma main. Shhhhhhhhhh ! Les matelas, ça ne grogne pas. Alors que je réprimais le mobilier, mon regard fut attiré par des petits trucs jaunes éparpillés sur le sol. Ho ! Candies ! Comme dans la chanson ! J'en saisis un et le porta à ma bouche. Mouais... pas terrible comme bonbon

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01h 10

Généralement, 42 était assez heureux de tomber sur des zéro et des un. C'était un langage simple, prévisible, et il qu'il appréhendait bien plus facilement que celui utilisé couramment. Mais sur le coup, ça ne fit que le désespérer. Parce qu'il y a bien 3h, il s'était dit ' je finis juste ce programme et je fais les courses en vitesse'. Et tant qu'il était à finir ledit programme, il s'était intéressé à une autre qui ne lui avait pas l'air excessivement compliqué et qui en définitive l'occupait depuis tout à l'heure. Sans parler du logiciel d'aide à l'animation sur lequel il s'était lancé en parallèle pour une boîte indépendante et dont le calibrage des outils était bien plus compliqué que ce qu'il avait anticipé. Au moins le brun ne risquait-il pas de perdre la main, me direz vous, s'il y consacrait autant de temps. Le sommeil, en revanche, c'était une autre histoire.

Maintenant il faisait nuit noire, et quand bien même Neapolis ne dormait jamais, lui aimerait bien ne pas se comporter comme la cité. Il vivait très mal d'écourter ses entrevues avec Morphée, la fatigue le rendant d'autant plus nerveux tout en réduisant sa capacité à se concentrer. Sur une note plus positive, maintenant que Noël était passé, le studio n'était plus dans un rush pour que les épisodes spéciaux de SiamVS sortent à temps, mais le nouvel an n'était pas négligeable non plus. Un soupir désespéré échappa au jeune homme lorsque ses yeux retournèrent à l'écran d'ordinateur où son travail non achevé semblait dire un truc comme 'pas de repos pour les braves'. Alors que concrètement il n'avait rien de brave.

Adriel était déjà allé se coucher après s'être fait réchauffer un reste de riz pendant que 42 était encore au studio à terminer une tâche qu'il ne pouvait pas remettre au lendemain. S'il avait laissé ça en plan, il était à peu près certain que reprendre aurait été un cauchemar. Autant le faire quand il avait encore tous les éléments en tête. Sauf qu'à force de se dire ça, il se retrouvait toujours debout à 01h11 du matin avec un réfrigérateur trop vide pour constituer un repas et la nécessité de se lever tôt le lendemain pour aller travailler.

" Kyubey, tu peux me faire un thé s'il te plaît ? "

Soupira le kalosien tandis que ses yeux parcouraient l'écran. Il était beaucoup trop tard. Mais il devait s'arranger pour s'arrêter à un point où il serait capable de reprendre. Sinon ça allait être un pénible la prochaine fois qu'il s'intéresserait à ce code. Peut-être se laisser des notes un peu partout suffirait.. Oui, ça il pouvait bien le faire, et après ça il irait acheter de quoi se nourrir. Car si aller se coucher sans rien de consistant dans le ventre ne le dérangerait pas, il savait pertinemment que le lendemain matin serait un enfer sans céréales. Certes, normalement il se contentait d'un thé et un croissant qu'il achetait en chemin, mais vu l'heure à laquelle 42 allait se coucher.. il serait trop en retard pour s'arrêter acheter quoi que ce soit. Triste à dire mais le brun voyait très bien venir l'état dans lequel il allait se retrouver quand son alarme le tirerait des bras de Morphée. Et ça n'avait rien de bien glorieux mais c'était inévitable, vu comme il était parti.

Le temps qu'il en finisse avec ses notes et vide sa tasse de thé, l'horloge digitale affichait deux heures du matin.

Bon.

Ce n'est pas comme si les commerces fermaient la nuit, à Neapolis. Pas tous, du moins, et il savait bien quelle supérette automatisée était la plus proche. Triste à dire, mais ce n'était pas la première fois qu'il devait faire des courses à une heure indécente. Laissant Kyubey hors de sa pokéball dans l'appartement au cas où il y aie le moindre problème, le brun rassembla ses affaires après avoir enfilé quelque-chose de plus chaud que son sweater Moustillon. Il y avait sans doute des choses notées sur la liste commune à Adriel et lui que le kalosien ne pourrait pas trouver, mais il assurait tout de même le minimum vital.

Quittant l'appartement en prenant soin de refermer la porte derrière lui, 42 laissa Void quitter sa pokéball. Le monstre appréciait particulièrement les promenades nocturnes, quand bien même il y avait toujours de la lumière dans les rues de Neapolis. Perché sur l'épaule de son dresseur, le Spectre réagit à peine lorsque celui-ci perdit un peu l'équilibre sur son overboard, voulant éviter une personne dans un état second. Maintenant il se souvenait pourquoi il n'aimait pas traverser le quartier des pâtes à cette heure-ci. Ou à n'importe-quelle heure, d'ailleurs: la fête ne prenait jamais fin. Ces lumières vives n'en finissaient jamais d'éblouir les passants, aussi. On se croirait presque en plein jour.

Comme prévu, il n'y avait quasiment personne dans la supérette, et 42 n'eut même pas à faire la queue pour atteindre l'automate qui scanna ses achats avant de lui demander de payer. Il remonta sur son overboard pour prendre a direction de l'appartement, ayant trouvé la plupart des éléments inscrits sur sa liste. Plus qu'à rentrer, peut-être se faire des pâtes et enfin dormir.

Mais après tout, une journée n'est pas complète sans une bonne petite catastrophe.

Littéralement au milieu de rien, alors que le brun passait de nouveau par le quartier des fêtes, il une masse sortie de nulle-art s'abattit sur lui. Déséquilibré, il tomba de a planche dans un cri de surprise avant de heurter douloureusement le sol, ne tardant pas à être écrasé sous ce qu'il réalisa être une personne. Et pas une personne dans son état normal. Une grimace mécontente étirait ses traits tandis qu'il constatait progressivement l'étendue des dégâts, encore sonné par la chute. Son overboard était par terre. Void était par terre. Ses courses étaient par terre. Il était par terre. Avec en prime son coude droit lui faisait un mal de chien et une masse déblatérant des absurdités en unyssien au dessus de lui qui l'empêchait de se relever.

Pour un peu, le kalosien aurait juré, mais il s'appliqua au lieu de ça à rassurer un peu son Pokémon qui l'approchait à pas prudents, visiblement inquiet de le voir étalé comme une crêpe. Non, il n'était pas blessé, hormis que cette personne saoule avait failli lui donner une attaque cardiaque et n'avait pas l'ai de réaliser que non, ce n'était pas le sol qui était aussi confortable. Grondant un peu de mécontentement, le jeune homme tenta de se dégager, mais apparemment l'inconnu n'était pas de cet avis. Lui intimant le silence d'un long 'shut' et d'une tape de la main qui le fit grimacer, il s'appliqua ensuite à manger l'une des pâtes ayant quitté leur paquet suite à la chute.

"Ho ! Candies !", s'exclama-t-il

Ouais, non, c'était des coquillettes. Il était beaucoup trop loin. Repoussant l'inconnu avec plus de force que tout à l'heure, 42 réussit à se dégager et s'assoir en tailleur juste à côté de lui. La tête lui tournait, sans doute une combinaison du choc et de la fatigue, pour un peu il aurait l'impression d'avoir lui aussi un peu trop forcé sur la boisson. Un long soupir lui échappa: il peinait à trouver le courage de rassembler ses courses. Pour un peu il s'allongerait juste ici et dormirait jusqu'au lendemain matin. Enfin non, ils étaient déjà le matin. Jusqu'au lever du jour, disons.

Mais Void ramenant son overboard à proximité tira de nouveau le kalosien vers la réalité. Non il ne pouvait pas se la jouer larve juste parce qu'un mec bourré l'avait renversé en tombant littéralement du ciel. Ses yeux dorés glissèrent brièvement vers ladite personne, espérant ne pas trouver un visage familier. Environ la trentaine, avec des cheveux bruns et trop d'alcool dans le sang. Peut-être un touriste, il n'avait pas l'air de beaucoup suivre la mode de Neapolis, à en juger par ses vêtements. Le fort éclairage de la rue lui facilita la tâche pour étudier ses traits, et il constata avec soulagement ne jamais l'avoir croisé. Tant mieux, ça n'aurait rendu la situation que plus embarrassante.

" Sérieusement.. C'est des pâtes crues, soupira-t-il, pas des bonbons. "

Se frottant les tempes dans l'espoir de dissiper son mal de crâne, le jeune homme remit les courses à leur place tout en se félicitant de n'avoir rien acheté de fragile comme des oeufs: il aurait pu leur dire au-revoir. Tandis qu'il rangeait à nouveau ses achats, une pensée lui traversa l'esprit. Une pensée qui impliquait de la fatigue supplémentaire mais restait tenacement ancrée dans son esprit, désormais. Ce type n'était clairement pas en état de rentrer chez lui. Et les rues de Neapolis n'étaient pas toujours tendres avec les personnes trop éméchées pour comprendre ce qui leur arrivait. Rien que l'idée lui tordait l'estomac. Certains avaient la chance de tomber sur des agents de police plutôt qu'autre-chose, mais.. c'était une variable assez imprévisible.

A croire que 42 n'avait en définitive aucune envie de dormir.

Il prit sa décision en sachant pertinemment qu'il le regretterait, amis après avoir calculé qu'il s'en serait probablement encore plus voulu d'être resté sans rien faire. Avec un peu de chance c'était un touriste et son hôtel ne serait pas trop loin. Il suffirait de le laisser à la réception, même pas besoin de connaitre son numéro de chambre ou son nom. Ca semblait être un plan plutôt raisonnable. A supposer que cette personne soit en état de marcher. Car si le jeune homme n'avait pas repéré comment d'où il avait bien pu lui tomber dessus, il devait y avoir une raison à sa chute. Et elle avait sans doute un lien plus ou moins direct avec son état.

" ... Bon, maintenant que vous m'êtes tombé dessus va falloir faire quelque-chose. Vous habitez par où, que je vous y ramène ?, s'enquit le kalosien en articulant de son mieux, Parce que concrètement, faire un somme par ici n'est pas très recommandé..  " ajouta-t-il

Désormais assis en tailleur, il s'appliquait à attirer l'attention du brun en le secouant un peu par l'épaule, ses courses désormais rassemblées dans un même sac et posées à ses côté. Il allait falloir plier son overboard et le ranger dans son sac à dos, s'il voulait se déplacer à un rythme assez lent pour ce type. Il allait falloir qu'il se débrouille pour y mettre ses courses, aussi, ce serait bête qu'elles retombent. Ouvrant la poche principale de son sac à dos, il commença à y transférer les objets tout en attendant une réponse, jetant de brefs coups d'oeil à l'inconnu.

" Je m'appelle Quatre, sinon.  "  


    Quarante Deux

       
    Sleep on me. Feel the rhythm in my chest, just breathe. I will stay, so the lantern in your heart won't fade. The secrets you tell me, I'll take to my grave. There's bones in my closet, but you hang stuff anyway. And if you have nightmares, we'll dance on the bed. I know that you love me, love me. Even when I loose my head. Guillotine. #f76061
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Ven 13 Jan - 0:47


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Le bonbon craqua sous ma dent avec un bruit de noix brisée sous un talon. Un son sec, froid et particulièrement désagréable. Surtout quand on l'a dans la bouche ! Je recracha immédiatement l'objet en postillonnant partout avec des bruits très peu gracieux. Le matelas me poussa sur le côté, me faisant rouler sur le sol. Je me mis à quatre pattes, battant des bras un bref instant, continuant de baver sur le béton. C'était horrible ! J'avais des petits bouts jaunes coincés entre les molaires ! Tout ça à cause de cette gamine stupide et ses chansons colorées de confettis de niaiserie. Je lui en ferai bouffer moi des cascades de friandises ! Qu'elle s'étouffe avec ! Je grogna à la manière d'un medhyena enragé, la bave aux lèvres et la langue pendante. Puis, parmi cet enfer de dégoût, une légère pression me secoua et une voix se fit entendre. Je retourna la tête poussant un Mmmuuuh ? très gracieux, le regard groggy avec un vague air de ressemblance avec un ramoloss. Le matelas était à côté de moi et me regardait étrangement. Presque avec inquiétude. Je lui souris de toutes mes dents et bien que j'étais sûr qu'il devait y rester des morceaux de faux-bonbons, je savais qu'il devait être ravageur.

Si les secousses me firent comprendre, qu'il voulait de l'attention, la voix ne voulait pas dire grand chose. C'était un méli-mélo de sons sans signification, mi étouffés par mon esprit embrumé et un langage différent du mien. Qu'est-ce que c'était que cette langue ? Elle avait des consonances familières, c'était tout ce que je pouvais dire. Trop de a et de en...
Je plissa les sourcils, intiment à mon cerveau d'arrêter de se baigner dans ses coktails vodka-manzana-vin rouge et faire son boulot convenablement. Espèce de fainéant ! Malheureusement, Mr. Cerveau n'était pas de cet avis. Il continuait à me jouer de vilains tours, rendant ma vision trouble et mon œil hagard. Je tenta de me lever mais mon corps décida une nouvelle fois que le trottoir était très confortable et je m'écrasa sur le ventre. Vlan ! Comme une crêpe le journaliste ! Ma tête cogna une bouche d’égout. Cela me réveilla aussitôt ! Cela eut même effet qu'un détonateur et poussant un son guttural, je bondis presque sur mes deux pieds. Yeaaaah ! Je tendis un pouce vers haut en direction du matelas en signe de victoire.  

Tiens, je pense que je viens de mettre le doigt sur quelque chose.. Serais-je un brin scientifique ou médecin ? Oh Arceus, je vois déjà le slogan ! Vous voulez réveiller quelqu'un ? Le faire revenir à la raison ? Et bien nous, le laboratoire P.P, nous avons la solution ! Faites le chuter la tête la première, 100% garanti ! (Attention, nous ne sommes pas responsable de toutes pertes cérébrales.)

Le matelas était du même avis que le mien (il l'était forcément !) mais le cachait bien. Bon.. ce n'était pas que tout ça mais il était l'heure de rentrer. Je jeta un coup d’œil au matelas-qui-s'appelait-quatre, tentant de comprendre ce qu'il venait de dire... Déjà, ce n'était pas le charabia étrange qu'il m'avait sorti tout à l'heure Là, je comprenais mieux ! La langue de Rosetta était proche de l'unysien et fort heureusement, qui est unysien de pure souche ? C'est Bibi !

Where I live ? In my home ! Mon visage s'éclaira. Il voulait me raccompagner chez moi ? Comme c'était chou de sa part ! J'avais toujours rêvé d'un matelas aussi confortable que lui ! Mon souhait se réalisait-il enfin ? Ni une ni deux, je le saisis par les épaules et le força à se lever. Là, je passa mon bras sous le sien. To beyond and infinity ! Yooooouhou ! J'éclatais d'un rire aigu pointant ce que je voulais être le ciel étoilé mais qui fut davantage une sorte de girouette allant dans toutes les directions. Les premiers pas fut difficiles (je faillis me prendre dans un truc qui dépassait de mon nouvel ami) mais au bout de deux mètres, j'arrêtais de trébucher à chaque foulée. Nice to meet you Kate ! I'm Prism. Je réfléchis un instant avant de rajouter : The futur savior of our universe and of all worlds ! Oui, c'était mieux comme titre. Tout est dans la première impression. Oui, madame. La première impression ! Je me pencha vers Kate-le-matelas, collant presque mes lèvres contre son oreille. You know what ? I have a secret... Do you want to hear it ? You would be perfect in my bed.

Le tirant, comme je le pouvais, je continuais dans la direction de l'arrêt de bus, sifflotant un air connu de tous (il avait été le tub de l'été tout de même!) : Melow melow melow. Pas la peine de vous poser la question. La chanteuse n'est autre que cette gamine rose bonbon que je haï tant pour faire des chansons qui restent des heures dans votre tête pour rendre votre vie encore plus insupportable.

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Dim 22 Jan - 14:42
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Cet homme était un dork de compétition.

Ou peut-être était-ce juste lié à son état, mais 42 ne pouvait s'empêcher de penser qu'il n'y avait pas que ça. Sans surprise, il avait recraché les coquillettes qui n'étaient sans doute pas aussi sucrées que ce à quoi il se serait attendu puis passa du Couafarel grognon et peu satisfait de sa coupe à un pokémon rose apathique dont le nom échappait au brun lorsqu'il tenta un sourire. Well.

L'alcool lui allait si bien.

Le kalosien secoua la tête et s'occupa plutôt de ranger son overboard sur lequel il n'allait hélas pas pouvoir se déplacer s'il voulait pouvoir pleinement tourner son attention sur l'inconnu. Aka éviter qu'il n'aille regarder le sol de trop près une fois de plus, parce que ça risquait de ne pas aider avec le mal de crâne qu'il aurait certainement le lendemain. Et aussi parce que le brun se sentirait assurément coupable de ne pas avoir assez bien surveillé. Ouais, même pour un mec qu'il connaissait à p-- pas du tout, en fin de compte. Allez savoir ce qui lui prenait de jouer les bons samaritains à une heure pareille et en devant bosser le lendemain. Un de ces quatre ça allait lui revenir dans la gueule. Peut-être même pas plus tard que ce soir.

Il eut un sursaut et faillit lâcher l'un des articles de courses qu'il fourrait dans la poche principale de son sac en voyant l'homme échouer à se redresser dans un coin de son champ de vision. La chute allait être douloureuse, aucun doute possible. Quand on parlait de malheur. Son crâne heurta une bouche d'égout et l'espace de quelques secondes, l'animateur craignit qu'il ne sombre dans l'inconscience suite au choc.

Bordel, non.

Mais notre homme en avait apparemment vues d'autres et se redressa dans un son spectaculaire pour tenir debout presque correctement l'instant d'après, le pouce levé en signe de victoire et laissant échapper un 'yeah' assez glorieux. Oh wow. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il avait la tête dure. 42 ne put s'empêcher de pouffer de rire en le voyant, quand bien même il n'était pas exactement du genre à se moquer du malheur des autres, c'était simplement excellent. Son sourire ne le quitta pas lorsqu'il termina de ranger ses articles de course et glissa l'overboard plié dans une autre poche. S'il ne se rappelait pas de sa soirée, il allait certainement se demander d'où lui venait cet énorme bleu au visage. Ou peut-être cela ne formerait-il qu'une bosse ? Ce n'était pas terriblement esthétique non plus.

" Where I live ? In my home ! "

Lui assura-t-il en unyssien, et son interlocuteur haussa un sourcil dans son scepticisme, manquant de lâcher un "Thanks, captain obvious" avec son accent kalosien de la mort. On lui avait souvent dit que son accent était 'cute', quand il vivait encore à Unys. Même Phoenix lui disait que ça ne gênait pas la compréhension et qu'il trouvait juste ça 'chou'. De son côté, 42 avait toujours trouvé ça plus ou moins embarrassant. Plutôt plus que moins, même. Mais il lui en fallait bien peu pour être embarrassé et avoir envie de disparaitre, il faut dire.

A peine refermait-il son sac à dos que l'homme se penchait dans sa direction et le forçait à se tenir debout en l'agrippant par les épaules. Il le redressa avec une force étonnante, et ce fut au tour de l'animateur de trébucher un peu, surpris d'être aussi brusquement sur ses deux pieds. Oh, l'ironie. Void s'empressa de remonter sur son épaule, alarmé à l'idée que son dresseur parte sans lui. Il paniquait à chaque fois qu'il le voyait quitter une pièce ou lui tourner le dos, ça faisait peine à voir. Mais ce Pokémon ayant un passif assez douloureux avec l'abandon, difficile de lui en vouloir le moins du monde. Le brun s'assura même de lui adresser un sourire aussi rassurant que possible avant de se mettre à marcher.

" Tu sais bien que je ne peux pas me passer de toi, Void, mon coeur. ", fit-il d'une voix douce, espérant calmer les inquiétudes du monstre.

Les premiers pas furent laborieux, même avec Quatre se tenant le plus droit possible et le bras de l'inconnu passé autour du sien qui devrait pouvoir le stabiliser un peu. Le fait qu'il tente de pointer les étoiles en décriant une réplique de dessin animé et se retrouve à vaciller tel une girouette sous le vent n'aida pas beaucoup, pour tout dire. Plusieurs fois il manqua de bousculer Void et le Branette finit par préférer se poser sur la tête de son dresseur, trouvant la position moins risquée. Ils eurent plusieurs essais malheureux, et avec son incroyable force physique -hum-, 42 crut perdre l'équilibre plusieurs fois, mais après quelques ajustements le duo trouva un rythme de marche assez correct, à son grand soulagement.

Au cours de leur périple dans une direction que seul l'homme le moins sobre paraissait connaitre, son compagnon d'infortune eut enfin la joie d'apprendre son prénom. Prism. Et pour une raison obscure il avait choisi de l'appeler Kate. Peut-être parce qu'il avait cru que Quatre était un nom unyssien prononcé étrangement. Peut-être parce qu'il avait bu, aussi. "Kate". On ne la lui avait encore jamais faite, celle-là, il serait tenté de lui décerner une médaille. Mais quant on s'apprête à sauver l'univers entier, on a certainement pas besoin d'un si petit trophée. Il leva les yeux au ciel.

" Yeah, sure. You might as well start by saving yourself, SuperPrism. " railla-t-il, considérant son interlocuteur comme parti trop loin pour se moquer de son accent

Peut-être qu'il se plantait. Peut-être qu'à ce stade c'était le cadet de ses problèmes, aussi. Son sourire ne l'avait pas quitté depuis qu'il avait vu Prism se relever, honnêtement, c'était assez étrange. Peut-être qu'il trouvait la situation moins awkward que ce qu'il avait jaugé au départ. Ce serait une première.

" You know what ? I have a secret... Do you want to hear it ? You would be perfect in my bed. " lui murmura alors l'unyssien présumé

Ok, il retirait ce qu'il venait de penser.

Cette situation était bien plus awkward que ce qu'il avait jaugé au départ.

" Que..? Quoi ? ", bredouilla-t-il dans sa langue natale

Fidèle à lui-même, l'animateur se sentit prendre une couleur anormalement rose, sinon rouge, manquant de s'étouffer dans son propre oxygène. Il ne venait pas de dire ça, pas vrai ? Quand bien même ça venait d'un type qui ne savait sans doute pas ce qu'il disait, le brun était à la limite de la détresse respiratoire, mort d'embarras, avec pour souhait le plus cher de disparaitre dans les entrailles de la Terre. De préférence vite. Il ne regarda même pas dans sa direction, sachant pertinemment que ça n'aiderait en rien, essayant de se sortir les mots de la tête en respirant à fond. De grandes inspirations et de grandes expirations. Un truc comme ça. Pour évacuer le stress.

Ca fonctionnait 1 fois sur 30, et apparemment il était dans l'une des 29 mauvaises phases.

Il eut un long soupir en se disant qu'à son âge, sérieusement, il devrait perdre ses moyens pour de meilleures raisons. Mais l'heure, la situation loufoque et l'accumulation de fatigue n'étaient pas là pour l'aider. Finalement il secoua la tête, ramené à la réalité de façon plus ou moins glorieuse par l'air que Prism s'était mis à fredonner (pas que Strawberry-chan soit l'idole qu'il préfère mais bon, on fait avec ce qu'on a). Ce n'était rien. Il devait être le genre de personne qui, une fois suffisamment alcoolisées, flirtaient à tout va. Pas de quoi s'inquiéter. Pas de quoi prendre la couleur qu'il avait prise.

Leurs pas les menèrent à un arrêt de bus et le brun commença un peu à paniquer en se disant que son hôtel devait être plus loin que prévu. Pourtant ils étaient dans le quartier des fêtes, c'est par ici que la majorité des touristes préféraient être logés. Mais après tout, cet homme voyageait peut-être low cost, allez savoir. Il aida Prism à s'assoir dans l'un des bancs flottants de l'arrêt, souriant de contentement en voyant que celui-ci s'abaissait pour lui faciliter la tâche. L'ingénieur qui avait choisi d'ajouter cette fonctionnalité était un génie, honnêtement. S'assurant de caler le dos de l'unyssien contre le dossier, 42 regarda quel ligne de bus passait par ici.

Bordel, non.

Ses yeux s'agrandirent de stupeur. C'était l'un des bus qui faisait le trajet entre Neapolis et Astéria, dans une ligne plus ou moins directe moyennant des arrêts à certains points clés des deux villes pour ramasser le plus de touristes possibles. Son regard inquiet glissa sur Prism quelques secondes et il considéra longuement la possibilité qu'il se soit simplement dirigé vers un arrêt de bus au hasard. Après tout il ne semblait pas avoir l'esprit très clair, la façon dont il peinait à marcher en disait long là-dessus. Un soupçon d'espoir traversa le brun, mais ça ne lui disait pas où habitait son interlocuteur, cela dit.

" P-Prism, c'est ça ?, commença-t-il en faisant au mieux pour garder une voix stable, Va falloir que je sache si tu habites bien Astéria parce que.. ça fait un peu loin. ", fit l'animateur avec une expression contrariée sur le visage.

Ne s'attendant pas vraiment à une réponse très cohérente, cela dit, il décida de se débrouiller seul pour vérifier au cas où un bus arrive avant que le présumé touriste ne lui donne de réponse satisfaisante. Quand bien même les transports étaient rapides et les passages réguliers, il préférerait passer le moins de temps possible ici. Perdre le moins de temps possible de sa nuit déjà beaucoup trop entamée à son goût, surtout. Posant le sac à dos à ses pieds, il s'assit à côté de Prism sur le banc et l'observa comme si son apparence pouvait lui donner le moindre indice avant que ses yeux brun-doré ne s'arrêtent à son poignet. Une montre holographique, ça allait peut-être l'aider.

" Je vais regarder ça deux secondes.. "

Marmonna-t-il en prenant sa main, essayant de ne penser à rien d'embarrassant tout accédant au menu principal de l'appareil sans trop de difficultés. Il devait bien y avoir un truc où les informations importantes étaient stockées, que ce soit un par le propriétaire ou par l'appareil lui-même. Après tout ce serait naïf de s'imaginer que la plupart des appareils d'aujourd'hui ne traçaient pas leu propriétaire. Le kalosien bidouilla pendant quelques minutes, sentant au passage Void descendre de sa tête pour s'assoir sur ses genoux avec une expression curieuse sur le visage. Lançant un sourire doux au Pokémon, il continua d'ouvrir des onglets un peu au hasard, faisant au mieux pour ne pas regarder l'inquiétant "02h42" qui clignotait dans un coin de l'hologramme. Surtout pas omg. Il avait presque envie de pleurer, à ce stade.

"Flat"

Un soupir de soulagement lui échappa presque en tombant sur ce mot qui indiquait vraisemblablement l'emplacement de l'appartement de Prism (donc ce n'était peut-être pas un touriste). Malheureusement, son soulagement fut de courte durée en remarquant que l'adresse était bel et bien à Astéria. Il leva un regard presque désespéré sur l'unyssien mais ne fit aucun mouvement pour le laisser ici à son triste sort. La nuit promettait d'être encore plus longue que ce qu'il avait craint mais ce n'était pas son genre de laisser les gens dans leur merde. Non, il avait toujours été celui qui restait, pas celui qui partait. Et puis le bus n'allait pas tarder à passer, à en juger par le timer digital de l'arrêt. C'est donc en ravalant son amertume et caressant la tête d'un Void pour le moins confus du bout des doigts que le jeune homme attendit.

02h 45

Il était là.

Hors de question de le rater. Passant son sac sur ses épaules en un mouvement vif, il laissa son Branette courir le premier en direction du véhicule flottant pour garder les portes ouvertes. L'appareil risquait de partir s'il ne repérait personne essayant de monter dedans.

" Prism, tu me dois au moins un café pour cette foutue galère à une heure impossible. " soupira-t-il, doutant néanmoins que l'autre lui réponde

Il l'aida tant bien que mal à atteindre le bus dont les portes se refermèrent juste après leur passage. Le véhicule était vide à l'exception de deux jeunes personnes collées l'une à l'autre dans un demi-sommeil sur la banquette la plus au fond. En même temps, qui prendrait le bus pour Astéria à cette heure-ci ? Lui-même se demandait ce qu'il était en train de faire. S'il rentrerait à temps pour qu'Adriel ne s'inquiète pas. Pour que Kuybey ne s'inquiète pas. S'il rentrerait tout court avant le lendemain, même.

A méditer.

Repoussant ces pensées dans un coin de son esprit, il utilisa son badge de transport pour eux deux avant de pousser son compagnon d'infortune vers un siège non loin de l'une des portes. Ca leur faciliterait la descente. Il laissa à Prism le coté fenêtre pour éviter qu'il ne tombe dans l'allée s'il s'endormait et posa son sac à dos à ses pieds avant de s'assoir à son tour, les yeux dans le vague. Plus qu'à ne pas s'endormir sur le trajet.

" J'espère que t'as rien d'important à faire demain matin, parce que ça va être au moins laborieux. " lâcha-t-il avec un sourire plus ironique qu'autre-chose.

Lui avait quelque-chose à faire, demain matin. Et il n'était pas sûr d'y arriver.
 


    Quarante Deux

       
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Ven 17 Mar - 0:27


u look better when I'm drunk

Peu à peu mes pieds s'allégeaient et ma cadence s'assouplissait. Kate arrivait à me soutenir sans manquer de trébucher sous mon poids et bras dessus, bras dessous, nous marchions en un rythme digne des meilleurs soldats. Nos chaussures claquaient en un son unique et cela me fit songer à ce jeu d'enfant où l'on est attaché par un pied et que l'on doit se démener pour atteindre la ligne d'arrivée avant les autres. Sauf que cette fois-ci nous étions liés par le coude et que nous étions les seuls à concourir. Je fis une petite moue et mes sifflements se tarirent. Ce n'était pas drôle si l'on jouait seul ! Je jeta un regard en arrière, manquant de me faire glisser dans le caniveau mais me retint à Kate. Rien de casser ! Aucune chute, manœuvre parfaitement maîtrisée ! Au moins, j'étais sûr que personne ne jouait avec nous. Je retrouva le sourire lorsque j'eus la glorieuse pensée que de ne marcher sur aucune ligne du trottoir allait être amusant.
Ce fut presque avec étonnement que je me retrouva sur le banc de l'arrêt de bus. Je poussa alors un long gémissement plaintif. Cold... C'était vrai, pourquoi est-ce que le métal était aussi froid ? Il ne pouvait pas faire un effort ! Non, c'est vrai, un banc ne peut pas comprendre cela. Tu es idiot Prism ! Il ne pourrait pas comprendre sans l'avoir vécu. Il faudrait mettre un banc sur un autre banc et le tours serait joué. Je tapota la paroi du bout de l'ongle. Malheureusement, il n'y avait qu'un exemplaire du meuble malpoli. Mon merveilleux plan pour lui donner une leçon tombait donc à l'eau... Je gémis une seconde fois, la mort dans l'âme. Un frisson me parcouru soudain me faisant me tendre. A cause du vilain banc, tout le bas de mon corps était glacé, tandis que le haut était brûlant ! Fallait-il que je me retourne cul par dessus tête pour réchauffer mes jambes et refroidir mon buste ? Les bonnes idées pleuvaient à foison cette nuit ! Malheureusement, il fallut que je pivote sur le côté pour me rendre compte que je n'étais pas en état de faire des acrobaties. Je hoqueta et me remit à l'endroit, ravalant mon vomi par la même occasion. J'étais donc condamné à me geler les miches jusqu'à l'arrivée du bus...

La fraicheur de la nuit finit par avoir raison de moi. Les bruits de la ville se taisaient au fur et à mesure que mes yeux se fermaient. Seul le cliquetis électronique de l'écran publicitaire me parvenait. L'alcool ayant une petite part de responsabilité dans ma déclinaison express dans le pays des rêves, me rendait comateux et le fil de mon esprit se perdait. Un ronflement m'échappa.
Mon repos fut de courte durée. Quelqu'un était en train de trifouiller ma montre ! Je me réveilla, les paupières papillonnantes et émit un Nieeeen ? grave. Qui osait me déranger ?! J'étais bien moi... Pourquoi le monde était toujours contre moi ! Mes yeux arrivèrent à se focaliser et si je me concentrais suffisamment je pouvais voir une unique silhouette me tenant le bras. Je tenta de tirer mon poignet, grognant davantage mais la personne refusait de lâcher. Il me fallut deux autres essais pour repousser le voleur de montre pour comprendre qu'il ne s'agissait que de Kate. Si ce n'était que lui, il n'y avait aucun problème... De tout mon poids, je me laissa tomber sur le dossier. Le banc s'abaissa de quelques centimètres avant de remonter paresseusement. Après quelques petites manipulations, un plan holographique luisit dans la nuit. Il était pâle et ses allures fantomatiques me firent sourire. Je tendis un doigt pour jouer avec mais Kate soupira sa déception. Je soupira. Pourquoi est-ce qu'il fallait toujours qu'il se plaigne ? Ne pouvait-il pas faire correctement son boulot de dessous de lit ! J'allais le réprimander quand un point rouge attira mon attention. J'approcha mon visage.

Flat.

C'était nul comme nom ! Qui nommerait son appartement ainsi ? J'appuya sur la pastille rouge avant de maintenir les deux boutons latéraux de la montre. Micro activé, fit une voix féminine robotisée. Sweet Home articulais-je du mieux que je pus en collant presque mes lèvres à l'enregistreur. Vous venez de renommer le lieu Flat en Sweat Öhm. C'était. Parfait.
Voyant que j'avais arrêté de me gigoter, Katie s'installa à côté de moi. Je remarquais qu'il avait laissé une certaine distance de sécurité entre nous deux. Distance que je franchis allègrement en passant mon bras autour de son épaule. Il avait l'air tout tendu ce pauvre matelas... Relax... Look !, dis-je en désignant la rue vide devant nos yeux, balayant les environs de ma main. Everything the light touches is our kingdom. Qu'est-ce que je parlais bien. Je m'étonnais moi-même. J'allais enchaîner avec une autre phrase du même calibre quand le bruit léger du moteur à énergie verte me coupa. Finalement, notre moyen de transport était arrivé ! Les portes s'ouvrirent et Kate m'aida à me lever sur mes jambes chancelantes. Je pris ma tête dans mes mains. Ca tournait un peu trop... Mon corps voulu se rassoir mais mon nouveau copain me tira en avant pour me forcer à avancer. Couinant, je me laissa porter à l'intérieur. Le chauffeur nous regarda à peine, les mains vissées sur son volant. Il devait avoir l'habitude de voir ce genre d'énergumènes dans le coin. Y'a pas de sous métier comme on dit !

Le paysage défilait à toute vitesse. Le véhicule flottant par des ondes magnétiques était maintenant sur les routes périphériques. Les lumières de Néanpolis s'éloignaient au loin jusqu'à ne devenir que des points. Fades souvenirs de soirées endiablées. Je regardais la lune par la fenêtre, la joue posée contre la vitre. Mon souffle faisait des petits nuages de buées dessus et je dessina une bite avec mon doigt. Je me sentais vidé... J'aurais pu dormir mais toute fatigue s'était envolé depuis que Kate m'avait réveillé plus tôt. Le temps était long... Mes pieds s'agitaient un peu et je finis par donner un coup de pied dans le dossier du siège de devant. Mon crâne se rejeta sur l'appui-tête et je poussa un long râle en gardant la bouche ouverte.  Je m'ennuyais ! Un petit bruit me fit écarquiller les yeux. Sur mes genoux, une petite boule jaune venait d'apparaître. Spidey, why don't you sleep ? Ma voix avait des teintes de lents trémolos et Spidey crissa vivement avant de s'enfuir sur la banquette. Je voulu le rattraper mais il avait déjà sauter sur les genoux de Kate pour atteindre le sol et disparaître sous une rangée de sièges plus loin. De tout mon long, je m'étala sur les genoux du matelas grognon. Nooooo.... Come baaaaaack, geignis-je en tendant le bras vers le Statitik. Ce dernier m'ignora royalement. Cooooooome baaack ! It's dirty hereeeeeeee.  Les larmes me vinrent et sans me rendre compte je me mis à pleurer. Mes bras retombèrent le long de mon corps. Mon pokémon préférait les chewing-gums à son dresseur ! Personne ne m'aimait... Mes mains se refermèrent sur une forme brune que j'écrasais depuis que j'essayais en vain de rappeler mon pokémon, puis je me rassis, la serrant fort contre moi. If you don't like me anymore, I will keep the plushie ! La dite peluche gigotait en piaillant mais je la maintenais suffisamment pour ne pas la laisser s'enfuir. Je me recroquevillais contre la vitre, les larmes aux yeux, caressant la peluche contre mon torse.

Au loin, les lumières de la ville s'éteignirent pour de bon.  

—fleur ✿
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